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Rien
n'est si désagréable que d'être pendu obscurément
A deux doigts du naufrage... ...les joyeux flibustiers de la division jouent à se faire peur par Médéric L. Pascal
Toutes les leçons de la défaite des municipales ont-elles été tirées ? A en juger par le dernier rebondissement en date dans l'examen parlementaire du projet de loi encadrant la culture des organismes génétiquement modifiés, on est en droit d’en douter. Certains, au sein de notre famille politique, voudront sans doute y voir un joli coup de la part des députés qui auront ainsi réussi à exister face au pouvoir exécutif. D’autres ne regretteront pas vraiment, sans doute, de pouvoir l’attribuer à l’inexpérience du Secrétaire d’Etat chargé de défendre ce texte. Certains poseront la question de la responsabilité de son Ministre de tutelle. D’autre celle du président du groupe à l’Assemblée Nationale. Et finalement l’opposition, quelque soit son plumage, ne manquera pas, elle, de faire entendre sa ritournelle préférée : c’est de la faute du Président et de transformer un effroyable gâchis parlementaire en une victoire héroïque et révolutionnaire. Bien sûr le côté révolutionnaire de l’immobilisme et du statu quo est tout relatif… Néanmoins, et c’est la loi du genre politique, les déboires des uns font les affaires des autres. Etant donné que dans cette histoire c’est le gouvernement qui se retrouve dans la position la plus délicate, eh bien oui il faut l’avouer, notre incurable manie des dissensions factieuses, combinée au mal chronique d'un absentéisme récurrent et qui mine la crédibilité de l'institution parlementaire toute entière, nous a conduit à renforcer nos adversaires. Lors des municipales déjà, notre incapacité à mettre de l’ordre dans notre maison, à arrêter une stratégie claire, le vertige des ambitions excessives ici et un ridicule défaut de renouvellement là, nous avaient conduit à une déplorable cacophonie, des déchirements pathétiques et, finalement, une défaite d’autant plus cuisante que nos adversaires n’avaient décidément rien fait pour mériter la victoire. Le remède est pourtant connu de longue date, et il tient en un seul petit mot qui ne devrait pas nous être étranger, que nous ne devrions pas avoir, déjà, oublié : Ensemble. Car c’est bien en mobilisant ensemble toutes nos forces, tous nos talents, toutes les bonnes volontés qu’il y a un an à peine nous emportâmes une magnifique victoire. La maxime qui affirme qu’il faut diviser pour mieux régner est en vérité d’une insondable stupidité. Peut-être règne-t-on en effet par la division mais cela s’opère à un prix exorbitant : celui de régner sur des cadavres. Il est une autre voie, moins fréquentée car plus ardue qui suppose un tout autre caractère et une tout autre disposition d’esprit : celle de l’unité, de la conviction et du courage. Oui, il faut bien du courage et force conviction pour porter cette unité et la conduire dans l’action commune. Et c’est cela que l’on attend du Chef de l’Etat. Alors il lui faut oser. Ne pas se replier sur les mêmes erreurs que celles de ses prédécesseurs. Il lui faut l’audace de réunir tous les talents de sa famille politique, sans exception, et malgré les inimités d’ordre personnel plutôt que de jouer la carte des uns contre les autres. Il faut mettre toutes les énergies de notre famille au service d’un même projet, celui de la rénovation de la société française. C’est l’unité dans la conviction et le combat qui marginalisera la dissidence. C’est l’unité dans l’action qui emportera les résistances. Cessons de nous diviser, soyons unis et travaillons ensemble à poursuite de notre rêve, celui de voir la France renouer avec la fierté, la prospérité et la fraternité. Réinventons ensemble le bonheur de vivre ensemble!
© Hidepark21 Publications, mai 2008 |